Le jour où j’ai fait la paix

Posté le Mar 12, 2018


Le jour où j’ai fait la paix

 

Quand j’étais plus jeune, j’étais une grosse consommatrice de magazines. J’adorais acheter le 20 ans, Glamour Biba and co… Je bavais devant les pages de pubs qui présentaient des fringues aussi belles qu’inaccessibles. Et puis venait la comparaison. J’observais ces mannequins dans les magazines et je me trouvais franchement nulle à côté.

Les cheveux pas assez brillants, la peau pas assez nette, lisse et éclatante. Bref, tous ces physiques érigés en modèles me filaient des complexes. A l’époque, j’étais naïve, loin de savoir que le magicien Photoshop était passé par là et du coup rien à faire, j’en voulais à mon corps de ne pas être suffisamment bronzé/ sculpté etc etc…

Du coup j’avais fini par me dire que c’était la vie, qu’il n’y avait rien à faire, et pour détourner mon regard de tout ces défauts qui me dérangeaient, je préférais finalement ne plus m’attarder sur ce corps, source de déception. Je prenais ma douche chaque jour, c’était le seul soin et le seul moment de la journée où j’acceptais de prendre soin de moi. Sauf qu’en vrai, c’était juste le minimum syndical. Alors, ne mettant jamais de crème j’avais la peau sèche, ne voulant pas exposer mes jambes que je trouvais trop moches, j’étais toujours en pantalon #HelloMorticiaAdams, et du coup, je m’aimais encore moins (peau sèche et translucide, tu vois le topo?).

Ça a duré comme ça pendant plusieurs années, et puis un jour, j’ai eu un déclic. 

J’avais 20 ans, on venait de m’inviter à passer quelques semaines au Maroc. J’adore voyager donc forcément j’ai dit oui ;), forcément les gens chez qui je passais mes vacances avaient envie de me montrer Casablanca en long et en large, et forcément, un jour on m’a emmenée au hammam. L’endroit était sublime, du marbre partout, des bassins où l’eau chaude coulait à flot (bon, par contre, pour l’écologie on repassera), mais vraiment j’en garde un souvenir magique.

Le jour où j'ai fait la paix

On m’avait donné un gant avec un peu de savon noir dans un petit bol en métal ciselé. Moi j’étais toute jeune et toute pudique, autant vous dire que je m’accrochais à mon slip pour pas finir toute nue au milieu de toutes ces femmes qui parlaient, riaient entre elles sans se préoccuper de la nudité. Elles étaient sans complexes, bien dans leurs pompes, et le hammam était pour elles ce moment privilégié où elles se racontaient secrets et potins tout en prenant soin d’elles. Elles ne ressemblaient en rien à ces filles dans les magazines, et pourtant, détendues et à l’aise avec leurs corps, au milieu de toute cette vapeur, elles étaient belles.

Et moi aussi, dans cette atmosphère bienveillante je commençais à me dire que peut être que je n’étais pas si moche, après tout. 

J’ai pataugé dans l’eau pendant 3 bons quart d’heures, me suis badigeonnée avec le savon noir comme on m’avait dit de le faire. Et puis j’ai eu le droit à mon premier gommage.

C’était assez cocasse d’ailleurs car j’ai dû m’allonger sur une longue table en marbre. Sauf qu’entre l’humidité et le savon noir, j’avais tendance à glisser dans tous les sens. Une dame d’un certain âge a pris mon gant kessa, et a commencé à me gommer tout le corps. Y a pas à dire, pas une peau morte ne résiste à ce traitement. Et puis elle a terminé par un massage bien tonique, avec une huile qui sentait hyper bon.

En sortant du hammam, il devait bien être 21h, je me sentais bien. Je venais de prendre vraiment soin de moi pour la première fois, et je venais de me rendre compte que la beauté n’existait pas que dans un corps filiforme huilé comme dans les pubs. J’avais la peau toute douce et bien hydratée et, enfin, je trouvais ma peau plutôt jolie. J’ai gardé depuis cette habitude, de conserver une journée par semaine durant laquelle je prends du temps pour moi. De façon purement égoïste, je monopolise ma salle de bain, et je chouchoute ma peau en profondeur.

C’est bête mais c’est en me focalisant de nouveau sur mon corps que j’ai fait la paix avec lui. J’ai appris à le traiter avec respect, et à me montrer bienveillante avec lui, à renouer le contact aussi, moi qui avant évitait d’avoir à poser les yeux sur lui. 

Le jour où j'ai fait la paix

Cet article je l’écris pour vous, pour vous dire que vous êtes belles, et que vous méritez d’être chouchoutées. Prenez soin de vous et libérez vous de vos complexes. Les idéaux renvoyés par les magazines ou même Insta ne reflètent pas une vérité. Ils ne deviennent un carcan que si l’on se sent obligée de s’y conformer. 

 

Plus de good vibes ?

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